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Mostra Viva octroie le prix “Pont del Mediterrani” à neuf activistes culturels

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Pepe Viyuela, Vicent Torrent, Lluís Mosquera y Sergio Cabezas obtienen el galardón por votación popular

El certamen reconoce la labor cultural de Octubre CCC, Carmen Amoraga, Gran Fele, Artur Heras y Josep Piera

Los premios en entregarán el 19 de octubre en el Centre del Carme

El festival Mostra Viva del Mediterrani (MVM) entregará durante la edición de este año un total de nueve premios, cuatro de ellos designados por votación popular y cinco en reconocimiento a su colaboración con el certamen a diversos activistas de la cultura y defensores de la concordia y diversidad cultural del Mediterráneo.

El actor y expresidente de la ONG Payasos Sin Fronteras Pepe Viyuela, el músico y miembro fundador de Al Tall, Vicent Torrent, el joven escritor Lluís Mosquera y el fotógrafo Sergio Cabezas recibirán el Pont del Mediterrani tras una votación popular que ha contado con 2.600 participantes a través de la web institucional del certamen. El premio reconoce su trabajo en el campo de las artes escénicas, la música, la literatura y las artes visuales.

También recibirán un Pont del Mediterrani por decisión de la Junta Directiva de MVM, Emili Payá, en representación de Octubre Centro de Cultura Contemporánea; la directora general de Patrimonio, Bibliotecas y Archivos, Carmen Amoraga; el actor y Premio Nacional de Circo Rafael Pla “Gran Fele”; el pintor Artur Heras, cartelista de las cinco primeras ediciones de la antigua Mostra de València y de la primera de MVM, y el poeta Josep Piera. Estos galardones reconocen su solidaridad cultural y activismo en la recuperación de puentes culturales entre las orillas de un mar de diversidad y culturas

La concesión de estos galardones, que se entregarán en un acto previsto en el Centre del Carme la mañana del 19 de octubre, es una forma de reconocer la colaboración prestada al festival por todos ellos en sus respectivos ámbitos. El Pont del Mediterrani consiste en una escultura conmemorativa realizada en hierro por el artista Pablo Sedeño.

Todos estos nombres se suman a la importante nómina de artistas y profesionales de la cultura que a lo largo de sus seis ediciones han conseguido el galardón, como fueron los casos de las cineastas Malika Zairi, Kristina Kumric, la musa de la nouvelle vague Agnés Vardà o Cecilia Bartolomé que lo obtuvieron en 2017. También han recibido este reconocimiento el alcalde de Valencia Joan Ribó, los cantautores Lluís Miquel Campos y Ovidi Montllor (a título póstumo), el cineasta sirio exiliado Osama Mohammed, el vicerectorado de Cultura de la Universitat de València a través de Antonio Ariño o el diplomático Lucien Castela, uno de los promotores de la puesta en marcha de la Mostra de València del Mediterrani, festival predecesor de Mostra Viva del Mediterrani.

Fondation ACM Newsletter

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Mostra Viva del Mediterrani 2018

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Avec le soutien de la Fondation Assemblée des Citoyens et Citoyennes de la Méditerranée (FACM)

Le président de la Fondation ACM, Vicent Garcés, a présenté sur l’European Economic and Social Committee les principaux axes d´action de la FACM

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Le président de la Fondation ACM, Vicent Garcés, a présenté ce matin dans le cadre de l’ EuroMed Follow Up Comitée de l’EESC-European Economic and Social Committee les principaux axes d´action de la Fondation ACM. Au cours d´une date plus que significative, en raison du Jour International de la Paix, Garcés a mis en évidence l’importance de l’ample réseau des cercles de citoyens qui intègrent la FACM et de la diplomatie citoyenne que celle-ci déploie. Le Fondation ACM est en ce moment en train de conduire trois projets dans le cadre de la Méditerranée qui se sont fait connaitre par ce Comité, en faisant particulièrement mention à la promotion du patrimoine culturel de la Méditerranée; l’initiative pour la transition agroalimentaire dans la Méditerranée à laquelle se sont joints plus de soixante organisations internationales; et la rencontre des jeunes de la Méditerranée, qui sera un des cadres fondamentaux de la FACM au cours de l’ année 2019.
La Fondation ACM participera à l’Assemblée Générale du Comité Economique et Social Européen, qui aura lieu à Turin l’année prochaine.

Intervention du président de la Fondation ACM, Vicent Garcés devant le Comité économique et social européen, à Bruxelles.
Le président de la Fondation ACM, Vicent Garcés, et la présidente du Comité de suivi EuroMed du CESE, María Helena de Felipe Lehtonen.

DÉCLARATION du CONSEIL CONSULTATIF de la FACM

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València, 15.09.2018

La région Méditerranée se trouve dans une situation géopolitique critique : les conflits, anciens ou récents, et les tensions s’y accumulent, les inégalités économiques et sociales persistent et, en conséquence, les flux migratoires et les drames humanitaires afférents s’accroissent.

Cependant les enjeux géopolitiques et géostratégiques dépassent le cadre du seul espace méditerranéen. La région subit l’ influence de la Russie, des États Unis et de plus en plus de la Chine. Pourtant si le clivage Nord-Sud entre les pays qui bordent la Méditerranée s’accentue, l’idéal de fondation d’ un espace régional intégré demeure.

La FACM a pour ambition de promouvoir une citoyenneté commune a l´échelle méditerranéenne, d’organiser un mouvement des citoyens de la Méditerranée pour contribuer au changement des rapport économiques et politiques entre pays du Nord, du Sud et de l’Est et à l’intérieur de chaque pays, mais aussi pour promouvoir la démocratie et le respect des droits humains. La perspective à long terme est de bâtir une communauté des peuples méditerranéens pour la prospérité et la paix dans la région.

Pour cela, la FACM a développé un espace citoyen méditerranéen fondé sur des valeurs et des principes forts de reconnaissance des droits citoyens et humains essentiels et fondamentaux inscrits dans la « Déclaration universelle des droits de l’homme » des Nations Unies.

Les bombardements ne cessent de s’intensifier en Syrie du Nord. La ville d’Idlib, dernière bastion de l’opposition syrienne, ainsi que sa campagne, sont devenus la nouvelle cible de l’aviation russe et des forces terrestres iraniennes et syriennes inféodées au pouvoir de Damas. Une petite ville comprenant d’habitude 250 mille habitants, abrite depuis quelques années plus de 3 millions de civils dont une majorité de déplacés. Les hôpitaux ainsi que les dispensaires ont été les premiers objectifs à détruire et actuellement la majorité de ceux-ci sont hors service. Sous prétexte de déloger dix mille membres des groupes radicaux, des millions de civils sont menacés de mort. La ville et sa région payent le prix fort pour leur engagement ferme dans les manifestations pacifiques qui ont annoncé le début de la révolution syrienne avant qu’elle ne se transforme en massacre. La FACM alerte les peuples de la Méditerranée ainsi que les institutions officielles sur la catastrophe humanitaire qui s’annonce et qui risque de se dérouler, comme ses prédécesseurs, dans l’indifférence totale de ladite communauté internationale. Des dizaines de milliers de civils vont être très bientôt, à nouveau, sur les routes de l’exode de l’espace méditerranéen.

Dans un contexte de répression globale la question nationale palestinienne, qui a été un catalyseur des développements politiques régionaux, a perdu sa centralité.

Ceci a permis à l’Etat d’Israël et aux États-Unis de prendre des initiatives dommageables pour la stabilité de la région : accélération de la colonisation, marginalisation de l’OLP et de l’Autorité palestinienne mais aussi récemment les provocations constituées par le transfert de l’ambassade des États-Unis  à Jérusalem, autant d’évolutions qui sont sources de tensions et qui peuvent provoquer des situations explosives.

La FACM condamne la décision des États-Unis de diminuer les aides aux camps de réfugiés en Palestine qui compromet gravement la survie de six millions de personnes dépendant de cet appui pour bénéficier d’une aide sanitaire et d’une éducation

La FACM dénonce la vente d’ armes à des pays engagés dans des conflits armés tels ceux des coalitions opérant dans le Golfe arabo-persique conformément au recommandations des instances internationales et plus particulièrement le Traité sur le commerce des armes (TCA3) de l’Organisation des Nations unies sur le commerce international des armements conventionnels de 2013.

Après l’enthousiasme soulevé par la vague des révoltes arabes, l’autoritarisme semble se réinstaller au Sud et à l’Est de la Méditerranée. Le Conseil consultatif de la FACM exprime sa préoccupation face à la situation critique des libertés et des droits humains dans ces régions où, à quelque exception près, l’Etat de droit est souvent bafoué, la presse libre est muselée et le système policier est de retour.

Il y a plus de 65 millions de migrants dans le monde actuellement. La FACM réitère la nécessité de faire appliquer le droit international concernant la défense des droits humains et pas seulement d´en faire une question morale.

Nous demandons aux gouvernements qu´ils se souviennent de leurs engagements à cet égard et qu’ils appliquent ces droits humains également à toutes les catégories de migrants.

Nous exprimons notre volonté de faire établir comme une priorité le secours en mer Méditerranée des vies humaines, une action qui doit être considérée comme une responsabilité globale.

Nous sommes attachés à ce que l’aide aux migrants ne soit pas considéré comme un délit et pour cela nous proposons que les différentes législations nationales soient modifiées dans ce sens.

Les élections qui se sont déroulés dans différents pays européens ces dernières années ont fait apparaître une montée des partis populistes, voire d’extrême droite, dont certains sont désormais au pouvoir. Profitant de la défiance grandissante de certains citoyens vis à vis des partis politiques traditionnels et exacerbant leurs inquiétudes, notamment concernant l’immigration et les réfugiés, ces partis remettent en question dans leur programme et leurs discours bon nombre de nos droits et institutions. Ils représentent dès lors un défi pour notre cohésion sociale et notre modèle démocratique et nuisent à la politique de l’Union européenne en Méditerranée.

Le Conseil consultatif appelle les responsables politiques européens à prendre la mesure de cette menace. Il importe de rappeler que la démocratie et les droits humains ne sont jamais définitivement acquis et nécessitent une vigilance accrue. Il est du devoir de ces responsables de remobiliser nos démocraties autour de projets politiques audacieux et inclusifs.

Ces différents constats sont affligeants et portent au pessimisme. La jeunesse constitue certainement, du fait de son ouverture sur le monde et de sa propension à la générosité, un atout pour identifier des solutions porteuses d’espoir.

Nous rappellons le message d’Edgard Morin, membre du Conseil consultatif qui a affirmé lors de son discours d’ouverture à la rencontre de l’ACM en Tunisie en 2011 :

« La Méditerranée est un espace de valeurs de solidarité unique au monde, des valeurs de fraternité fortes et des valeurs d’honneur qui sont aujourd’hui capitales. Dans ce sens l’ACM est une pierre à ce merveilleux édifice et un projet pour le futur » .

 

La Déclaration à PDF

 

Le Conseil Consultatif de la FACM met en garde contre l’essor des néofascismes en Europe

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Le Conseil Consultatif   de la Fondation ACM lance un appel aux institutions publiques démocratiques, nationales et internationales afin de reconnaitre et prévenir la menace des totalitarismes, de la xénophobie et du racisme.

La Fondation Assemblée des Citoyens de la Méditerranée (FACM) a réuni ce vendredi 14 et  et le samedi 15 du septembre à València, son Conseil Consultatif composé d’expert venant de Syrie, d’Israël,  de Palestine, de Grèce, de Turquie, du Maroc, d´Algérie, d´Albanie, de France d´Italie et d´Espagne afin d´effectuer un diagnostic de la situation dans les pays de la région, au cours duquel il a été souligné plus particulièrement les problèmes relatifs aux libertés et aux droits humains.

Les analystes ont mis en évidence  que le continent européens est en train d’expérimenter une période de régression vers les systèmes totalitaires, lesquels ne trouvent pas, en ce moment une opposition suffisante dans les politiques communautaires.

«  La crise migratoire marque l’agenda européen et alimente les totalitarismes. Le fascisme a une opposition uniquement interne. Les partis d’extrême droite, qui s`opposent à la politique communautaire de l’Union Européenne car les frontières ouvertes ne font pas partie de leur agenda, ne trouvent pas d’opposition ferme de la part de l’Union. Même la Turquie avec trois millions et demi de réfugiés, qui a eu jusqu’à présent une politique de postes ouvertes, est en train de construire un mur à la  frontière avec la Syrie, avec approvisionnement d’aide humanitaire terrestre à la population, face à l’évidente prolongation du conflit » comme l’indique l’experte en relations internationales de l’université ISTINYE (Istanbul), Aylin Ünver Noi.

Parmi les assistants, se trouve l’écrivain  Michel Warschawski, président du Centre Alternatif d’ Information (Tel-Aviv) et un des exposants du pacifisme israéliens qui a signalé : «  face à cette évidente régression dans tout le territoire euro-méditerranéen, nous ne pouvons que réorienter la stratégie vers  la résistance citoyenne  fondée sur les valeurs du respect à la diversité.»

L’expert Franco-Syrien, Salam Kawaikibi, directeur du centre d’analyses Arab Center for Research and Policy Studies (Paris) a insisté sur le fait que la crise humanitaire en Idlib, le bastion rebelle où les derniers affrontements militaire en Syrie sont en train de se dérouler, a des conséquences d’effet direct.  «  L’Union Européenne n`a pas un rôle significatif dans le problème de la Syrie mais la situation la touche directement. Elle est en train de jouer un rôle « payer et ne rien faire ». Elle doit prendre position face à la Russie et intercéder pour éviter la catastrophe humanitaire qui s´abat sur Idlib si elle veut déjouer une nouvelle crise de réfugiés et sortir du simple rôle payant de l’aide humanitaire et de reconstruction. »

«  La situation sociopolitique et économique actuelle dans la zone a un dénominateur commun : la crise. Les affrontements de guerre en Méditerranée Orientale, la montée de l’extrême droite dans les pays occidentaux, le flux migratoire, la crise des réfugiés dans toute la région sont en train de générer un problème de coexistence dans la méditerranée et la transforme en un cimetière, bien plus qu’ en  une mer de paix » a signalé le président de la Fondation ACM et ex-eurodéputé, Vicent Garcés, et il a insisté  sur le fait que «  ces graves problèmes, il faut les prendre à l’origine au moyen de la coopération, le développement et la solidarité ».

La Fondation ACM favorise et défend en Méditerranée les valeurs démocratiques de liberté, de paix, de respect à la diversité et responsabilité de l’environnement.

La Fondation ACM soutient les cultures des peuples de la Méditerranée

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La Fondation ACM salue l´affiche de la Mostra de Valencia/ cinéma de la méditerranée qui se célèbrera du 18 au 28 octobre. Comme nous le savons, L’Assemblée des Citoyens de la Méditerranée (ACM) a pris part de façon très significative au mouvement citoyens qui, depuis 2011 a dénoncé la fermeture de l`événement culturel, par la Mairie de Valencia, événement profondément significatif de cette ville.

La Mostra du Cinéma, la Troba de la musique, la Rencontre des écrivains, manifestèrent la volonté de convertir Valencia en un point de rencontre en liberté des cultures de la méditerranée. Dans les années 80 du siècle précédent, cette volonté a été concrétisée par la coopération municipale qui venait juste de récupérer la démocratie et s´est estompée progressivement et enfin a été  enterrée définitivement en 2011.

C’est l`allant et la décision de la citoyenneté  et d´un ample secteur des forces de la culture qui, sans se résigner, se regroupèrent autour de l’Association citoyenne qui, à partir de 2013 et jusqu´à présent, sous le nom de Mostra Viva del Mediterrani, ressuscitèrent cette initiative de profond essor civico- culturel.

Mostra Viva del Mediterrani, pendant cinq ans (2013-2018) a fait possible la continuelle présence de diverses manifestations culturelles des peuples de la méditerranée à Valencia. Et cette année, le mois d’octobre se convertira en le mois des cultures des peuples de la méditerranée  à travers des réalisations audiovisuelles, musicales, littéraires, d´art scénique et plastique, assurées par la Mostra de Cinéma et par les diverses activités de la Mostra Viva del Mediterrami.

Nous joignons les deux affiches de référence, en renouvelant l`espoir et l’appui de la Fondation ACM pour que Valencia soit le siège permanent de l’expression en liberté des cultures sœurs des peuples de la Méditerranée.

Israël, un État juif mais pas démocratique

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La Knesset Yosarian, 2008.

ORIENT XXI

Michel Warschawski est membre du Conseil Consultatif de la Fondation ACM. Journaliste et militant de gauche israélien, il est cofondateur et président de l’Alternative Information Center (AIC). Dernier ouvrage paru (avec Dominique Vidal) : Un autre Israël est possible, les éditions de l’Atelier, 2012.

L’adoption par le Parlement israélien de la « loi sur la Nation » est une confirmation de la dérive du gouvernement d’extrême droite pour lequel le caractère juif de l’État passe avant la démocratie. Et elle marque, selon une journaliste israélienne, « la fin de la démocratie ».

Au dernier moment, juste avant la fin de la session parlementaire et le départ en vacances des députés, le Parlement israélien a voté la « loi sur la Nation », une loi constitutionnelle qui ne peut être abolie que par une majorité qualifiée. Une loi qui met la Cour suprême hors-jeu si elle envisageait de l’annuler, parce qu’elle contredirait les fondamentaux d’Israël comme « État juif et démocratique ». Cette loi s’ajoute à une autre loi, votée au cours de l’année, qui change radicalement l’équilibre entre les pouvoirs, et limite les possibilités de la Cour suprême de déclarer anticonstitutionnelle une loi votée par le Parlement (en hébreu ‘hoq ha-hitgabrut que l’on peut traduire par « loi sur la prééminence »).

Pourquoi cette urgence ? Pourquoi donner à cette loi une telle importance ? Avant de répondre à ces questions, résumons les dix articles de la loi sur la Nation :

Israël est la patrie historique du peuple juif ;

le symbole de l’État est le candélabre, son hymne est La Hatikvah (L’Espoir) ;

 la capitale d’Israël est le grand Jérusalem réunifié ;

 la langue officielle est l’hébreu ;

 l’État est ouvert à l’immigration juive ;

l’État investira des moyens pour conserver ses liens avec les Juifs de l’étranger ;

 l’État encouragera la colonisation juive ;

 les calendriers officiels sont les calendriers hébreu et étranger (sic) ;

Les journées du judéocide, du souvenir (des soldats tombés au front) et de l’indépendance sont des journées officielles ;

le shabbat et les fêtes (juives) sont des journées chômées ;

l’amendement de cette loi ne peut être voté que par une loi fondamentale (constitutionnelle), à une majorité de 61 députés.

Nombreux seront ceux qui diront : quoi de neuf là-dedans ? Pourquoi s’exciter contre cette loi, puisque que tout ce qui y est écrit a été l’arrière-fond de la politique d’Israël depuis 70 ans ? La loi sur la Nation ne signifierait-elle rien de nouveau ? Oh que si !

Pendant plus d’un demi-siècle, Israël a été défini comme un « État juif et démocratique », Juif avec un grand J, c’est-à-dire l’État des Juifs — entendu comme communauté et non comme religion. Même si pour beaucoup cette définition est un oxymore (comment être une démocratie si l’on exclut une ou plusieurs communautés de la souveraineté réelle ?), la caractérisation d’« État démocratique » comptait beaucoup pour les dirigeants et le peuple israéliens. On tenait à appartenir au monde civilisé, à l’Occident démocratique ou se prétendant tel, et pas au tiers-monde ou encore au totalitarisme soviétique.

Pour les citoyens, les droits civiques étaient réels, et à partir de 1966, les libertés publiques comme le droit à l’organisation et à l’expression n’étaient pas que des slogans vides de contenu. Le racisme anti-arabe n’a pas disparu, tant s’en faut, mais on ne peut nier que l’espace public laissait de plus en plus de place à la minorité arabe.

Le caractère démocratique (illusoire) du régime israélien n’était pas seulement une question d’image internationale ; c’était aussi une question de perception de soi : les fondateurs de l’État et les premières générations d’immigrants se voulaient partie prenante de la philosophie des Lumières qui était censée guider le monde occidental.

C’est là que l’on peut comprendre le tournant qualitatif pris par l’extrême droite, qui, il est bon de le rappeler détient le pouvoir depuis maintenant plus de deux décennies. Dans la ligne idéologique et politique du néoconservatisme, elle a entrepris une contre-réforme politique, sociale et idéologique, et une véritable croisade contre les valeurs des Lumières. Benyamin Nétanyahou ne courtise plus l’Europe libérale, mais les régimes semi-totalitaires polonais, tchèque et hongrois, prêt à réécrire au besoin l’histoire antisémite de ces pays, lui qui a systématiquement instrumentalisé l’accusation d’antisémitisme pour délégitimer toutes les critiques de sa politique venant de la gauche des échiquiers politiques. Le premier ministre israélien, ses ministres et ses amis n’ont plus aucune gêne à se montrer avec des antisémites notoires, à se revendiquer des nouvelles droites européennes, et à fermer les yeux sur les amis néonazis de Donald Trump.

Dans cet esprit, le pouvoir israélien n’a plus aucun complexe à casser le vieil oxymore qui qualifiait Israël d’« État juif et démocratique ». La loi sur la Nation jette à la poubelle la vieille prétention d’être à la fois un État juif et un État démocratique : Israël appartient désormais au peuple juif et à lui uniquement. Les citoyens palestiniens sont des locataires ; leur présence dans le pays et l’exercice de leurs droits civiques sont conditionnels, et donc toujours provisoires. Le slogan électoral qu’avait lancé, il y a une dizaine d’années le parti d’Avigdor Lieberman : « Pas de loyauté, pas de citoyenneté » reflète tout à fait cette conception de la nouvelle démocratie israélienne. Avec la nouvelle loi constitutionnelle, elle est désormais gravée dans le marbre. Au moment où j’écris ces lignes, la présentatrice des informations de la première chaine de télévision vient d’ouvrir les nouvelles par la phrase suivante : « Cette semaine noire marque la fin de la démocratie israélienne. » Le président Reuven Rivlin s’est lui aussi publiquement insurgé contre cette nouvelle loi.

La loi sur la Nation déclare en outre que la colonisation juive (en Israël et dans les territoires occupés en 1967) est une priorité nationale, ouvrant ainsi la voie à de nouvelles vagues d’expropriations massives, y compris des quelques terres laissées aux citoyens arabes. Symboliquement, la loi déclare aussi que la seule langue nationale est l’hébreu, abrogeant ainsi l’une des conditions imposées par l’ONU en 1949 pour intégrer Israël en son sein.

Revenons aux questions posées au début de cet article : pourquoi maintenant, pourquoi si vite, pourquoi donner à la Loi sur la Nation une telle importance, alors que son contenu n’apporte rien de nouveau d’un point de vue pratique ? Pour y répondre, il nous faut passer de la grande politique institutionnelle et constitutionnelle à la petite politique politicienne, et à la concurrence entre Benyamin Nétanyahou et son ministre de l’éducation Naftali Bennett du parti d’extrême droite Le Foyer juif. Entre ces deux personnages se déroule une bataille de pouvoir pour déterminer qui sera le leader de la droite dans la prochaine décennie.

Le doigt d’honneur — ou plutôt de déshonneur — que signifie cette loi aux yeux de la minorité arabe d’Israël n’est en fait rien d’autre qu’une minable manœuvre électoraliste entre un premier ministre qui risque d’être condamné pour de graves affaires de corruption, et celui qui voudrait prendre sa place.

Aidez-nous à connaître les meilleures initiatives agro-alimentaires en Espagne! Collaborez dans le projet SAT

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À CERAI et à la Fondation ACM nous entreprenons un nouveau projet : Outils pour la transition vers les Systèmes Alimentaires Territorialisés (SAT) “. (Ici vous pouvez lire un résumé de l’initiative)
Il s’agit s’agit d’un projet de 2 ans (2018 et 2019), dans lequel CERAI et FACM, ainsi que des organisations Resolis (France) et Mensa Civica (Espagne), ont lancé la première cartographie des meilleures initiatives de l’État territorialisé Food Systems (SAT), compte tenu de ses impacts environnementaux, socioculturels et économiques. Le projet est parrainé par la Fondation Daniel et Nina Carasso (France). L’idée est d’analyser les premières initiatives de l’année le long de la chaîne alimentaire (production, transformation, distribution, consommation et politique et à la gouvernance d’autre part) qui proposent de bonnes pratiques dans la construction de systèmes alimentaires locaux (territorialisé) dans toute l’Espagne. À partir d’au moins 100 initiatives identifiées et pour lesquelles nous mènerons des entretiens, 30 seront sélectionnées pour un suivi plus approfondi afin d’en tirer les outils pour reproduire ou amplifier de bonnes pratiques. Nous essaierons de sortir les clés du succès des initiatives qui fonctionnent. Aidez-nous à connaître les meilleures expériences dans ce domaine! Lire Plus 

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