La Fondation ACM appelle à la résistance citoyenne pour faire face aux multiples urgences dont souffrent les peuples de la Méditerranée”.

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La Fondation Assemblée des Citoyens et Citoyennes de la Méditerranée FACM a tenu sa 9ème réunion à Valence du 11 au 14 novembre, plaçant la situation de millions de citoyens de la Méditerranée au centre de l’agenda politique international, une décennie après les “printemps arabes”.  Les propositions de cet événement, auquel ont participé des citoyens d’une vingtaine de pays méditerranéens, seront largement diffusées auprès des principales institutions euro-méditerranéennes. À cette occasion, sous le titre “D’une Méditerranée divisée à une Méditerranée partagée : une décennie de résistance citoyenne”, un grand débat interdisciplinaire a été organisé sur la situation dans les différents pays méditerranéens. Les participants, ainsi que des spécialistes, des institutions publiques et la société civile, ont fait le point sur les mouvements citoyens connus sous le nom de “printemps méditerranéens” et leur tentative d’évoluer vers des sociétés plus justes, plus démocratiques, plus durables et plus cohésives. Les nouvelles perspectives découlant de la pandémie de Covid-19 et de ses effets négatifs sur la population, l’économie et la société ont également été examinées.

L’événement a été un espace de dialogue et de réflexion où, dans un contexte d’instabilité et d’inégalités croissantes dans la région, des propositions ont été faites sur la solidarité citoyenne pratiquée dans le cadre de Covid-19. Le besoin urgent d’une coopération efficace entre les institutions publiques représentatives et les citoyens pour prévenir les discours de haine, ainsi que pour faciliter la transition vers des systèmes agroalimentaires et énergétiques plus durables, a été souligné. L’ancien député européen Vicent Garces, président de la Fondation ACM, a souligné que “les soulèvements populaires de 2010-2011 contre les régimes autoritaires au sud et à l’est de la Méditerranée, porteurs de transformation démocratique et de justice sociale, se sont malheureusement soldés par une impasse pour la plupart.  Cette Rencontre, 10 ans après, renouvelle l’espoir transformateur nécessaire de la citoyenneté”. La IXème réunion de la FACM a compté avec la participation de Joan Ribó, Maire de Valence ; Joan Calabuig, Secrétaire Régional pour l’Union Européenne et les Relations Extérieures de la Generalitat Valenciana ; Sergio Piazzi, Secrétaire Général de l’Assemblée Parlementaire de la Méditerranée (APM) ; Josep Canals, Secrétaire Général du Réseau des Villes Méditerranéennes Medcités, dans la session d’ouverture, qui a eu lieu dans la Faculté des Sciences Sociales de l’UV ; Blanca Moreno-Dodson, directrice du Centre pour l’intégration en Méditerranée (CMI) ; Ioannis Vardakastanis, président du suivi Euromed du Comité économique et social européen (CESE) ; Christophe Rouillon, représentant de l’Assemblée régionale et locale euro-méditerranéenne (ARLEM) du Comité européen des régions, et Albert Moncusí, doyen de la faculté des sciences sociales de l’université de Valence.

Le maire Ribó a fait remarquer qu’à Valencia “la FACM a tenu sa première réunion il y a dix ans et nous nous retrouvons ici à un moment crucial pour l’humanité. Une époque où la solidarité et la collaboration entre les peuples se sont avérées être les seuls outils utiles face aux grands défis auxquels est confrontée la région méditerranéenne face à l’urgence climatique et aussi à l’augmentation inquiétante des crimes de haine. Blanca Moreno-Dodson, directrice du Centre pour l’Intégration en Méditerranée, qui opère sous l’égide des Nations Unies et avec lequel le FACM a un accord de collaboration, a souligné que “malgré les inégalités croissantes en Méditerranée, nous devons voir la pandémie comme une opportunité de changement”, faisant référence à la façon dont les chaînes de valeur régionales se sont avérées utiles face à la difficulté d’importer et d’exporter, soulignant ainsi qu’il est crucial d’investir dans l’agriculture pour maintenir nos écosystèmes mais aussi pour la sécurité alimentaire.

L’analyse de la situation actuelle de guerre et d’instabilité dans certains pays méditerranéens et du rôle de la citoyenneté à l’occasion du 10e anniversaire du “printemps arabe” a vu la participation de personnalités intellectuelles, universitaires et sociales de premier plan, telles que le politologue franco-syrien Salam Kawakibi, le diplomate palestinien Hassan Al Balawi, la militante Virginie Lafèvre, représentant l’organisation libanaise AMEL, qui œuvre pour l’inclusion des réfugiés ; la féministe marocaine Touria El Oumri ; le président du Centre international pour la paix de Sarajevo, Ibrahim Spahic ; l’analyste et expert du Moyen-Orient, Sébastien Bossois ; la journaliste et experte de la Méditerranée, Lola Bañon ; le président du Centre d’études internationales méditerranéennes de Tunisie, Ahmed Driss, entre autres. En plus des conclusions et propositions de la 9ème Rencontre qui seront rendues publiques prochainement, le Conseil consultatif de la Fondation ACM a rappelé que “la Tunisie, où les soulèvements avaient commencé et seul pays à avoir poursuivi son processus démocratique, se trouve aujourd’hui dans une situation extrêmement préoccupante avec l’instauration d’un régime autoritaire et la suspension de son Parlement élu”.

De même, le Conseil consultatif du FACM a mis en garde contre la “déstabilisation des pays de la rive nord-est du bassin méditerranéen, dont les citoyens ont manifesté un fort désir d’intégration européenne”. La situation en Bosnie-Herzégovine s’est détériorée et exige une réaction immédiate pour écarter le danger d’un retour à la guerre, à la division ethnique et à la destruction des institutions de l’État”. La déclaration note que “la FACM appelle à la résistance citoyenne pour faire face aux multiples urgences dont souffrent les peuples de la Méditerranée”.

Les éditions précédentes des réunions de la Fondation ACM se sont tenues à Valence (2010), Tunis (2011), Volos/Grèce (2012), Istanbul (2013), Marseille (2014), Tirana (2015), Casablanca (2017) et Barcelone (2019). Dans tous ces cas, la FACM encourage le dialogue, les propositions et l’action citoyenne, en favorisant les valeurs démocratiques de liberté, de paix et de respect de la diversité, ainsi que la responsabilité environnementale en Méditerranée.